Dans la fournaise du Colisée, Chalon fait plier Bourg

Ça sentait la poudre au Colisée. Le match aller n’avait pas été digéré, les mots avaient circulé, les souvenirs aussi. Et dès l’échauffement, on a compris que ce Chalon – Bourg n’aurait rien d’un samedi soir tranquille. Tifo géant, Colisée incandescent, regards déjà noirs avant même l’entre-deux. Une ambiance de playoffs. Une vraie.

Et le match a été à la hauteur de ce climat. Long. Très long. Presque 2h30 de combat, 83 lancers-francs, 67 fautes sifflées, 4 chalonnais qui ne termineront pas le match, 2 du côté de la JL. Un chiffre qui donne presque le tournis. Des fautes simples, des techniques, des antisportives, et deux disqualifiantes. Un match haché, coupé, parfois à la limite, où le trio arbitral a été au centre de toutes les attentions. Une soirée électrique du début à la fin.

Mais au milieu de ce chaos, il y a une certitude : l’Élan Chalon a répondu présent. Rien à voir avec la copie rendue à Boulazac. Là, on a retrouvé une équipe. Une vraie. Investie, dure, solidaire, prête à aller au combat sur chaque possession, comme au meilleur de l’année 2025.

Le début de match donne le ton immédiatement. Ça tape fort, ça défend dur, ça part dans tous les sens. Chalon s’appuie sur son énergie, sur un Nate Darling déjà incandescent en transition, et sur un Lionel Gaudoux ultra propre près du cercle. Mais très vite, les coups de sifflet s’enchaînent. Après 10 minutes… 23 lancers déjà tirés. Le rythme est cassé, le match devient une succession de duels et de passages sur la ligne. Chalon mène 27-20, mais rien n’est fluide.

Dans le deuxième quart-temps, l’Élan continue de pousser. La défense tout-terrain gêne Bourg, provoque des pertes de balle, et permet de créer un petit écart. Darling continue son chantier (17 points au final à 63%), Nadolny apporte de l’agressivité, et Gaudoux confirme avec un impeccable 5/6 aux tirs. Mais là encore, impossible de se détacher complètement. Bourg s’accroche, notamment grâce à Gach, et revient à une possession. 49-45 à la pause, dans un climat déjà sous haute tension. Bourg est adroit à longue distance (6 sur 8), Chalon beaucoup moins (1 sur 12) et pourtant Chalon est devant de 4 points…

La bascule aurait pu se faire au retour des vestiaires. Chalon attaque fort, enchaîne avec un alley-oop monumental Hill–Mutts, puis un run qui enflamme le Colisée. Mais une nouvelle fois, le jeu est constamment interrompu. Les fautes pleuvent, les techniques aussi. Cuthbertson sort très tôt avec 5 fautes après une technique rapide, un vrai coup dur à ce moment-là. Bourg, de son côté, vit presque uniquement sur la ligne : 37 lancers tentés après trois quart-temps, dont 18 dans le seul troisième acte. Malgré tout, Chalon tient devant (71-68).

Et puis vient ce dernier quart-temps, où le match bascule définitivement dans quelque chose d’autre qu’un simple match de saison régulière. Les esprits s’échauffent, les contacts se durcissent encore. Kokila prend une antisportive puis une technique et file aux vestiaires. Quelques minutes plus tard, altercation entre Mokoka et Anochili-Killen : double faute disqualifiante. La tension est palpable, le Colisée est électrique.

Dans ce contexte, il fallait garder la tête froide. Et Chalon l’a fait mieux que Bourg.

Jeremiah Hill a été le patron (19 points, 7 passes), capable de planter un énorme tir à trois points dans le money time. Darling a continué de sanctionner avant de sortir pour 5 fautes. Nadolny a apporté des tirs importants et une intensité défensive de tous les instants. Et collectivement, l’Élan a fini par faire craquer Bourg. Impossible à ce moment d’entendre son voisin tant le niveau de décibels était élevé !

Malgré les 50 lancers tentés côté burgien (pour 33 réussis), malgré un match constamment arrêté, Chalon a trouvé les ressources pour accélérer dans les dernières minutes. Un 3 points de Choupas, un autre de Nadolny, puis l’écart qui grimpe enfin au-delà des 10 points. Cette fois, Bourg ne reviendra pas. L’adresse qui avait fuit à 3 points en première mi-temps est revenu au meilleur moment pour Chalon (7 sur 14 en deuxième période), tout l’inverse de Bourg (1 sur 13)… Deux trajectoires opposées et ça change tout.

Score final : 100-84. Chalon aura toujours mené au score, prenant sa revanche du match aller.

Et puis il y a eu tout le reste. Ce lien avec le Colisée. Dès l’avant-match et ce tifo énorme, jusqu’au coup de sifflet final. Le kop Elan Passion et le Colisée en fusion, qui pousse, qui chante, qui gronde contre les décisions, qui porte son équipe dans les moments chauds. Et après le buzzer, joueurs et supporters réunis, ensemble, à célébrer.

Quand cette équipe joue comme ça, connectée, investie, prête à aller à la guerre, elle peut battre du très lourds. Et samedi soir, dans un Colisée volcanique, elle l’a fait.

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