Ce n’est pas le plus beau match de l’année. Mais c’est typiquement le genre de match qui compte au moment de faire les comptes à la course aux playins. Dans un Colisée nerveux, parfois frustré, l’Élan Chalon est allé chercher une victoire précieuse face à Gravelines (86-81). La troisième de suite, qui a été longue à se dessiner mais les rouges et blancs ont gagné le bras de fer.
Dès le premier quart-temps, le ton est donné : Gravelines ne lâchera rien. Chalon s’appuie d’abord sur son secteur intérieur et sur un Grant Golden efficace, mais l’adresse extérieure tarde à venir. En face, le BCM répond, les maritimes virent en tête après dix minutes (21-22).
Le deuxième quart-temps est le seul moment où Chalon semble prendre le contrôle. Une séquence plus propre, un peu plus de rythme, et surtout une montée en intensité défensive permettent de créer un premier écart. L’Élan passe un 11-0 et monte jusqu’à +11 (40-29). Mais déjà, ce qui sera le fil rouge du match apparaît : l’incapacité à enfoncer le clou. Gravelines termine mieux la mi-temps, profite des approximations chalonnaises et revient à 43-39 à la pause.
Statistiquement, rien ne sépare vraiment les deux équipes à ce moment-là. Même adresse à trois points (6/15 de chaque côté), mais déjà un différentiel aux fautes provoquées en faveur du BCM, souvent évitables… Hill et Annochili repartiront prématurément sur le banc…
Le troisième quart-temps repart sur les mêmes bases. Chalon tente, Gravelines répond. L’écart oscille, sans jamais vraiment se stabiliser. On voit du bon, notamment dans la circulation de balle chalonnaise, mais aussi du déchet. Des pertes de balle, des séquences mal négociées. Et à force de laisser des opportunités, Gravelines finit par passer devant dans la dernière minute du quart-temps. Il faut un sursaut de Jeremiah Hill, avec un 2+1 important, pour revenir à 65-62 avant les dix dernières minutes.
Le quatrième quart-temps est à l’image du match : tendu. Chalon croit faire un mini-break en passant à +8 (70-62), mais là encore, rien n’est maîtrisé jusqu’au bout. Gravelines revient, encore. À moins de trois minutes, Gravelines a même la balle pour passer devant. Le scénario du hold-up prend forme.
Dans ce contexte, certains duels prennent une autre dimension. Celui entre Yohan Choupas et Jacob Gilyard en est le parfait exemple. Deux joueurs qui se répondent, qui se cherchent, qui se défient sur chaque possession. Choupas termine à 13 points (3/7 à trois points), mais son apport défensif et son impact dans les moments clés ont été essentiels.
Mais la différence s’est faite ailleurs, dans la gestion du money time. Et là, le duo Jeremiah Hill – Justyn Mutts a fait parler son sang-froid. Hill (16 points, 3 passes, 5 rebonds) a su organiser, calmer, choisir les bons tempos. Et Mutts répondu présent. 18 points, 62,5% à deux points, 66,7% à trois points, 22 d’évaluation, mais surtout les paniers décisifs. Celui qui donne de l’air à deux minutes de la fin, puis surtout ce lay-up à 14 secondes du terme, parfaitement servi par Hill, qui scelle quasiment la rencontre.
Collectivement, l’Élan s’en sort bien avec 23 passes décisives pour 14 pertes de balle, mais a trop souvent manqué de constance pour se rendre le match plus facile.
Ce succès ne règle pas tout. Il confirme même certaines limites, notamment cette difficulté à tuer les matchs et ces passages d’irrégularité qui relancent systématiquement l’adversaire. Mais dans la situation actuelle, l’essentiel est ailleurs.
Avec cette troisième victoire consécutive, Chalon continue d’avancer. L’équipe maintient à distance ses poursuivants et reste pleinement dans la course aux play-in. Et dans ce sprint final, il faudra aussi savoir gagner des matchs comme celui-ci. Pas forcément brillants, pas toujours maîtrisés, mais gagnés avec du caractère.

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